Pour en finir avec les banlieues françaises
Des enfants nus qui jouent dans la boue avec un casque de CRS en guise de ballon. Barres d’habitation anonymes dans lesquelles s’entasse un zoo humain au regard fuyant. Des dizaines de familles par appartement. Une télé dans chaque pièce qui braille les derniers appels d’Al-Qaida sur Al Jazeera. Odeurs de latrines et épices orientales, une tour de Babel de cultures et de sous cultures se chevauchant à l’infini, créant un effroyable maelström qui tourbillonne jusqu’à en donner le vertige. Les ascenseurs souillés d’excréments et obstinément détruits à coup de massue obligent les habitants des derniers étages à une longue dégringolade d’escaliers tagués de menaces où peut surgir à tout moment le couteau du braqueur. Descente aux enfers qui aboutit dans des sous-sols fétides où règne un brouhaha incessant à faire se dresser les cheveux sur la tête. Les viols de putes soumises y côtoient des rites plus indicibles encore au rythme frénétique des tamtams d’un autre âge. Que Dieu prenne pitié des malheureux qui s’égarent dans cet abîme.
Vous connaissez déjà tout cela, mais vous devez savoir que la situation des banlieues françaises ne cesse de s’aggraver. Il y a dix ans, on déplorait un fort taux d’analphabétisme. Désormais, non seulement les enfants ne savent plus lire ni écrire, mais ils vont parfois jusqu’à perdre l’usage de la parole et ainsi les derniers signes distinctifs qui les reliaient encore à l’humanité. Ces cas extrêmes qui préfigurent l’avenir de la démocratie ne s’expriment plus que par des grognements et de brusques éclats de violence aveugle. Ils errent à moitié nus et la bave aux lèvres dans des couloirs de béton crépis au sang de leurs frères.
Le climat lui-même serait en train de se transformer : une moiteur équatoriale surgie d’on ne sait où génère des miasmes nouveaux. La malaria a fait son apparition dans la région parisienne. Des moisissures inédites grimpent le long des immeubles et des algues monstrueuses obstruent les conduites. Une folie moite que plus rien ne semble pouvoir arrêter se répand comme la peste.
Dans les quartiers, plus aucun des services qui caractérisent la civilisation n’est encore en fonction. Il est cependant une dernière chose que nos potes n’ont pas encore jetée aux oubliettes, c’est la revendication, même si les tenants et les aboutissants de ce concept, notamment en matière de responsabilité, dépasse très largement les capacités crâniennes des intéressés.
Pourtant ils ont réussi à s’imposer dans le débat sur la présidentielle et chaque candidat se sent obligé de présenter des propositions pour résoudre le problème des banlieues. Selon certaines théories sociopolitiques fumeuses, il serait le signe d’un malaise à l’intérieur de la société, malaise qu’on s’efforce ensuite d’imputer à la politique de l’adversaire, bien entendu. Balivernes que tout cela. En réalité, la plupart des citoyens n’éprouve aucune sorte de malaise. La banlieue n’a rien à faire sur l’arène républicaine car elle n’appelle pas une solution politique (les gouvernements précédents, qu’ils aient été de gauche ou de droite, s’y sont tous cassé les dents), mais tout simplement une solution TECHNIQUE. Ce n’est pas du ressort du politicien ou du citoyen mais celui du policier et du scientifique, autrement dit c’est un travail d’expert.
Les matraques et les lacrymogènes sont des méthodes d’un autre siècle. Il existe aujourd’hui des moyens nouveaux pour remettre de l’ordre : caméras, gaz innervant, infrasons, matraques électriques, reconnaissance automatique des visages, puces électroniques greffées à l’intérieur des corps. Un nouveau type de camion anti-émeute est déjà à l’œuvre en Irak : il permet en quelque sorte de griller à distance la peau du manifestant comme celle d’un vulgaire poulet. Qu’on utilise massivement ces petits prodiges technologiques et le problème des banlieues sera réglé en moins d’une année, j’en fais le pari. Mais, de grâce, que l’on cesse d’importuner le citoyen avec des soucis qui ne sont pas les siens et n’ont pas à l’être.
23 février 2007 à 7:48
aux armes!
23 février 2007 à 7:58
Vous préconisez une sorte de kärcher électrique en quelque sorte ! c’est du propre…
23 février 2007 à 9:39
J’avais des pensées concernant les problèmes des cités en Fr, et celui des SDF et autres petits problèmes sociaux qui n’habitent que peu le Sénat, siège des élus faignants dont la plupart sont occupés à faire autre chose qu’à siéger. Les connards.
Et si j’avais eu le courage, je l’aurai dessiné, mais je ne dessine pas, disons que ce n’est pas mon mode d’expression que je préfère utiliser pour exprimer, mais là, je voyais une espèce de dessin à la Reiser. Toutes ces têtes de noeuds chantant ensemble “aujourd’hui, on n’a plus le droit ni d’avoir faim ni d’avoir froid” et dessous
“les aristos du choeur” et en plus gros VOTONS COLUCHE
voilà… on vit vraiment une époque de merde et nous n’avons plus rien d’épique, comme disait déjà il y a des décennies feu Léo Ferré.
23 février 2007 à 9:40
Mix, tu pourrais le dessiner ce truc, peut-être?
23 février 2007 à 9:51
Cher Bob,
Dans ce genre de situations, l’histoire l’a démontré, il faut éviter à tout prix les bavures. Et le kärcher, ça bave un peu en fin d’utilisation.
23 février 2007 à 10:15
Quellesconnes.com: “Mix, tu pourrais le dessiner ce truc, peut-être?”
Chère Madame Quellesconnes.com,
permettez-moi d’halluciner. Depuis quand ce sont les employés qui proposent du travail au patron ?
Décidément, ce monde marche sur la tête !
23 février 2007 à 10:20
excuse moi patron.
En fait, j’ai mal formulé : Mix, pourriez-vous, humblement, trouver un quelconque gnome qui pourrait illustrer cette idée là et éventuellement, si vous ne trouviez pas et que votre agenda de rock-star (non imigrée à Gstaad) vous laissait le loisir et l’humeur et l’envie de l’illustrer de votre divine plume, alors, vraiment, dieux vous le rendraient probablement.
C’est mieux ainsi, chef?
PS: je cherche un cinéphile, un vrai de vrai. Pour jeu à résoudre pour camarade dans la détresse.
23 février 2007 à 10:26
Comme gnomes, j’ai Tito ou M. Mishimoto…
23 février 2007 à 10:32
ahaha… c’est i-gnome-ble!
23 février 2007 à 10:32
Pour le cinéphile??? Monsieur Duplan ne serait-il pas un vrai cinéphile? C’est une demande très sérieuse.
23 février 2007 à 10:33
>Punita
Ne connais tu pas un vrai cinéphile?
23 février 2007 à 10:33
Tu veux aussi que je demande au Concombre Masqué qu’il te coule un bain ?
23 février 2007 à 10:49
Non merci. Surtout pas. Il m’a déjà offert une douche glacée :)))
23 février 2007 à 10:52
Il faut à tout prix que je trouve un de ces camions anti-émeute qui grille le poulet à distance!
23 février 2007 à 10:54
Des armes électriques existent déjà. Elles envoient une décharge électrique. Certaines envoient à distance cette décharge. Mais pour le moment, le but est d’immobiliser, pas de tuer. Tout est question de dose…
23 février 2007 à 10:59
Il y a aussi des armes qui t’englue dans une sorte de gros chewingum. Tu tires avec un chewingun.
23 février 2007 à 11:03
Mmm! on peut aussi choisir l’arôme?
23 février 2007 à 11:07
C’est une arme. Le goût est certainement le plus dégeulasse possible !
23 février 2007 à 11:16
dommage je me serais bien fait paralysé à la fraise !
23 février 2007 à 11:25
http://www.1erdegre.ch/blog/archives/432#comment-2825
De quoi avez-vous besoin exactement quel degré de cinéphilie?
23 février 2007 à 11:31
Punita, cinéphile francophone. envoie moi un mail ou un coup de fil?
23 février 2007 à 11:34
La solution biologique, plus que technique, a été trouvée il y a pas mal de temps. Que l’on arrose ces quartiers de shit, de weed, de l’erbe et de la marijuana en grossses - et donc économiques - quantités. Tout reste glauque, sauf la perception de la réalité.
Il suffit donc de faire manquer cette matière première fondamentale pour le lien social à travers la contrôle et de la repression. C’est ainsi que les intéressés peuvent imposer leurs solutions de contrôle technologiquement avancé. Plus gourmand, plus spectaculaire et donc plus rentable.
C’est quand l’erbe manque que le kärcher s’impose.
23 février 2007 à 11:42
Pour trouver que c’est beau une banlieue la nuit, là, il faut plutôt pas mal picoler.
23 février 2007 à 12:02
la préparation du chewingum paralysant, c’est vrai que ça à l’air dégueu !
http://www.youtube.com/watch?v=XyyY2yLR_qE&mode=related&search=
23 février 2007 à 13:04
Erbe, oui erbe. C’est un problème quand il n’y a plus de h.
23 février 2007 à 13:28
c’était donc cela, j’aurais dû y penser, quand il n’y a plus de de h, il reste plus qu’erbe. ça marche aussi avec d’autre drogue ?
23 février 2007 à 13:35
un peu tiré par les cheveux, mais
quand y a plus de coc y reste le h et cela donne la (h)aïne
23 février 2007 à 13:39
c’est génial ton truc Zulawski, ça fonctionne avec plein de drogues différentes :
quand y a plus de sexe
y reste plus rien…
23 février 2007 à 13:59
Une arme ressemblant au chewing-gum a été utilisée à Genève, peu avant le G8, visionner le film en bas de page ….
http://www.quellesconnes.com/anti-g8/article.php3?id_article=69
Mais à l’époque, ça n’était pas encore au point (poing) et ils ont préféré le lanceur de capsules de peinture arme moins mortelle que les armes traditonnelle, de nouveau tout est question de distance, de quantité et de produit injecté…
23 février 2007 à 14:12
Cher Bob, quand il n’y a plus de Q, il ne reste que la praline. Et là, franchement, c’est hors sujet.
23 février 2007 à 14:52
Je viens de me tartiner de Happy conne alors vous imaginez la pêche…
>
ca me fait rire.. tiens ca…
23 février 2007 à 14:54
Je viens de me tartiner de Happy conne alors vous imaginez la pêche…
“”Cher Bob, quand il n’y a plus de Q, il ne reste que la praline.”"
ca me fait rire.. tiens ca…
apparemment quand on met les trucs entre des
23 février 2007 à 14:55
“
23 février 2007 à 14:55
parenthese en coin.. bordel.. ca disparait.. c’est quoi cette bouteille de lait?
23 février 2007 à 15:12
vous l’sortez d’où ce Christophe Jaquet?
et il va écrire tous les mois?
et les gens vont continuer à lire c’qu’il écrit?
sans rien dire?
yo
Bob
23 février 2007 à 15:28
Ceci étant le billet du jour… on y sent une envolée lyrique presque… Wagnérienne… je me demande ce qu’en dirait Ruedi?
23 février 2007 à 17:12
oui c’est l’ambiance (très bien rendue) est assez lourde,
mais tu parles bien de Wagner, le compisiteur tellement apprécié des nazis ?
23 février 2007 à 17:12
Chère Quelleconne, il n’y a que les enfoirés aujourd’hui qui écrivent VOTEZ COLUCHE. Tout est affaire de décor.
23 février 2007 à 17:13
ou wagnérienne.. tout a fait…walkyrienne!
23 février 2007 à 17:22
c’est Ruedi Allen qui disait : quand j’écoute trop de Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne (une autre banlieue en somme)
23 février 2007 à 18:00
Mes amis, ce texte est plus lovecraftien que wagnérien, si je peux me permettre.
23 février 2007 à 18:01
Cher Bob René,
Je ne suis pas d’accord patati patata mais je me battrai patati patata.
23 février 2007 à 18:41
j’ai beaucoup de mal à capter le ton ironique du “billet”, c’est peut-être le choix délibéré de l’auteur… ou peut-être pas.
une chose est sûre, il me laisse comme un arrière goût de pisse de chat dans la bouche. mais peut-être que “Voltaire” patati patata se battre patati patata (sic)
yo
Bob
23 février 2007 à 18:49
Je ne suis pas d’accord patati patata mais je dois dire que ce texte est très bien écrit.
23 février 2007 à 19:15
????
bon, y’a une épidémie de gastro suite à des indigestions de clowns, y’a des gens qui à force de péter trop haut, ont le cul qui a pris la place du cerveau ou kwâ? Je rentre harassée et je lis des commentaires qui me font penser que décidément, c’est pas demain la veille qu’on va tous rigoler des mêmes trucs.
23 février 2007 à 20:17
Moi, c’est le genre d’idéologie qui se trouve ici que j’ai du mal à piger.
http://www.darksite.ch/consensus/02/03couverture.html
23 février 2007 à 20:19
HP Lovecraft, Michel Houellebecq, Christophe Jaquet. Voilà mon tiercé littéraire.
23 février 2007 à 20:22
Ton tiercé pour rire? Houellebecq a un humour qui me dépasse.
23 février 2007 à 20:26
Mais laissez donc Bob René tranquille! Ce type est clair comme une eau de roche et il désire que les autres le soient autant que lui. C’est tout à son honneur, prenez en de la graine, bande de capitalo-stalino-libéro.
23 février 2007 à 20:31
Cher Arrière goût,
Je concède que Houellebecq ne fait pas rire tout le monde. Lovecraft et Jaquet non plus. C’est le sort des gagmans maudits.
23 février 2007 à 20:31
Bob René
23 février 2007 à 15:12
vous l’sortez d’où ce Christophe Jaquet?
et il va écrire tous les mois?
et les gens vont continuer à lire c’qu’il écrit?
sans rien dire?
—————————–
Il a déja écrit sur ce blog et il le fera encore.
Ah! Mais Bob René, c’est pas celui qui m’avait envoyé quelques mails il y a déjà bien longtemps pour me proposer de participer à son consensus site? Salut Bob René. C’est toi qui signe Bob depuis des semaines ici?
23 février 2007 à 20:40
En tous cas, je ne vois pas ce que le texte de Jacquet ci-dessus a de choquant ou de déplacé. Mais je dois baigner dans la naïveté. Tandis que Houellebecq, j’ai bien compris : c’est un rigolo qui se croit drôle. Une sorte de Buster keaton de la littérature. Un auteur sans bassesse, ni hauteur. Un plat qui se mange relevé, sauf si on est couché, parce que ça ne vaut pas la peine de se relever quand même.
23 février 2007 à 20:43
Moi, ce que j’aime chez Jacquet, c’est qu’il n’a pas besoin d’écrire des gros mots pour faire des textes percutants. La preuve. Comme quoi, le Q n’est pas vital pour l’artiste qui veut exprimer quelque chose avec force.
23 février 2007 à 20:45
D’accord, Arrière Goût, Houellebecq est un peu léger par rapport à Lovecraft et Christophe Jaquet. C’est un peu un élément de transition entre les deux maîtres gothiques.
23 février 2007 à 21:27
détendez-vous les gars (et les filles),
j’utilise peut-être un vocabulaire un peu trop imagé pour certains, j’pensais gagner du temps pour résumer mon impression sur le texte. j’crois que c’est raté. je ne critique pas le style de M’sieur Jaquet, que je trouve pour ma part très agréable à lire. je reste juste dubitatif sur le contenu: je capte pas la subtilité de son ironie, c’est tout. vous voulez que j’écrive le contraire pour vous faire plaisir?
apparemment ici il vaut mieux lire et fermer sa gueule, sinon les gens se fâchent et attaquent sur des sujets OT.
@ quellesconnes 1: a force de regarder la télé, j’me suis habitué aux rires enregistrés. plus besoin de réfléchir, je rigole en même temps que les autres, sans me fatigué. alors sur internet j’suis un peu perdu. merci de m’indiquer les endroits ou il faut rigoler, qu’on puisse rigoler ensemble.
@ quellesconnes 2: non, désolé, je ne suis pas celui qui signe Bob depuis des semaines sur ce blog. j’intervient pour la première fois et peut-être la dernière vu l’ambiance torride… (ça c’est de l’ironie ou s’en est pas? on sait plus)
@ comité de soutien: merci pour le soutien (ça c’est de l’ironie, j’vous propose que nous riions tous en coeur…attention… maintenant!)
@ arrière goût: retourne au deuxième paragraphe
yo
Bob
24 février 2007 à 2:07
Cher Bob René,
Que te dire, à part YO!* ?
*en français: VIVE 1ER DEGRE !
24 février 2007 à 2:48
Ne vous detendez surtout pas, j’aimerais assister à l’extension du domaine de la lutte critique autour de C.J. et autres auteurs.
24 février 2007 à 2:50
Pour l’arrière goût de pisse de chat, je conseille de boire un demi citron pressé ou de macher des clous de girofle.
24 février 2007 à 3:21
bob…oui, après le sexe reste les ex pour vous semble t-il.
D’autre part, cessez d’associer Wagner avec des extrémistes moustachus.
Certes, Monsieur Richard Wagner devait certainement souffrir de problèmes conséquents avec sa maman. Pourquoi? enfin bob, écoutez les femmes chanter dans les opéras du sieur sus-mentionné (non bob, pas suçe).
Enfin, je vous suggère vivement cher bob, d’écouter “Siegfried Idyll” transcription pour piano de Glenn Gould et, si après audition vous gardez le même jugement, à méditer:
“Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.”
Albert Einstein
C’est qui ce Glenn Gould?
http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0001410
Profondément,
Vôtre Barbie
24 février 2007 à 11:14
Cher Monsieur Jaquet,
Je n’ai qu’une chose à dire: Excellent, écrit d’une plume de Maître, Lovecraft à Barbès, Céline sous acide.
De la grande littérature au sevice de grandes idées.
Vive vous, vive 1er Degré.
24 février 2007 à 17:57
ouais, effectivement ya pas grand chose à dire… alors vive first!
mais sans moi
@ Arturo Zulawski: merci pour le conseil, par sécurité j’vais me mettre aussi quelques clous de girofle dans l’c dans les narines. putain d’odeur de pisse de chat. beurk!
‘dieu
Bob